Surmonter la peur de la première séance

Jeune psychologue européenne débutante vue de dos, stressée et anxieuse avant sa première séance de thérapie dans son cabinet professionnel

Aujourd’hui, on parle de la peur paralysante avant une première séance et de comment transformer cette peur en moteur 

Tu y es 🥳 Ta première vraie séance est bookée (ou sur le point de l’être). 
Et là, ô mystère… au lieu de la joie, c’est une vague de panique qui te submerge.

Une petite voix qui te murmure à l’oreille : “Et si tu n’y arrivais pas ? Et si tu ne savais pas quoi faire ? Comment tu vas accueillir cette personne ? Et l’anamnèse, tu vas poser quelles questions ? Et si ça ne marche pas ?” 

Ton estomac se noue, tu te refais le film en boucle, tu prépares des pense-bêtes qui te semblent soudainement ridicules.

Laisse-moi te dire un truc : cette peur est normale. Elle est même saine en fait!
Elle prouve que tu prends la mesure de ta responsabilité. En revanche, elle ne doit pas te paralyser. 

Car cette peur de la première séance, en réalité, elle ne parle pas tant de la séance elle-même que de ce qu’elle représente pour toi.

Le piège de la “boîte à outils”

On sort de formation avec une caisse à outils flambant neuve. On est fière, on a des marteaux, des tournevis, des clés de toutes les tailles. Et forcément, on a qu’une envie : s’en servir (et montrer qu’on sait faire). 

Le problème, c’est qu’on finit par voir chaque client comme un clou ou une vis 😅. On se concentre tellement sur l’outil qu’on oublie de regarder ce qu’on a en face de nous.

Une thérapeute que j’accompagnais était terrorisée par sa première séance avec une enfant. Elle me demandait : “À quel moment je dois introduire les bouchons ? Et si elle refuse ?” Elle était complètement bloquée sur le “comment faire”. Je lui ai posé cette question simple : “Comment pourrais-tu t’assurer, à coup sûr, d’être complètement à côté de la plaque ?” Sa réponse a été immédiate : “En voulant à tout prix utiliser les outils que j’ai appris, sans écouter ce que l’enfant ou la mère me dit.” Et ben voilà. Tout est là :)

La plus grande erreur que tu puisses faire, c’est de t’accrocher à tes outils comme à une bouée de sauvetage. Ton savoir-faire ne doit pas prendre le pas sur la qualité de la relation! Jamais!

Le mythe de la “séance parfaite”

Ce qui te fait flipper, ce n’est pas d’oublier une question pendant l’anamnèse. 

La vraie trouille, la peur qui te prend aux tripes, c’est la peur d’être jugée, d’être démasquée, d’être nulle. Tu as investi du temps, de l’argent, de l’énergie. Et cette première séance, c’est un peu le crash-test.

Sauf que voilà : la séance parfaite? Laisse-moi te dire qu’elle n’existe pas. 

Dans nos métiers, il n’y a pas de script. Il y a d’abord, TA façon d’être. Celle qui te permet d’être authentique (même si je n’aime pas trop ce mot hyper galvaudé mais c’est pourtant l’idée). 

J’ai accompagné beaucoup de thérapeutes dans leur phase de démarrage. Et celles et ceux qui s’en sortent le mieux ne sont pas les plus “techniques”… mais celles et ceux qui acceptent de ne pas tout savoir et qui osent dire “je ne sais pas, mais on va chercher ensemble”. Celles et ceux qui voient la première séance non pas comme un examen à réussir, mais comme une rencontre à vivre.

Comment transformer la peur en moteur ?

Ok, c’est bien joli tout ça, mais concrètement, on fait quoi quand on a la gorge nouée et les mains moites ? Comment on fait pour dépasser cette peur de ne pas être à la hauteur?

  1. Redéfinis l’objectif. Ton but pour cette première séance n’est PAS de “résoudre le problème”. C’est de créer un lien de confiance. C’est tout. Si à la fin de la séance, l’enfant et le parent se sentent écoutés, compris et en sécurité avec toi, tu as réussi. Point.
  2. Prépare ta posture, pas tes fiches. Avant la séance, au lieu de relire tes notes pour la 15ème fois, prends 5 minutes pour toi. Respire. Ancre-toi. Demande-toi : “Quelle énergie je veux amener dans cette pièce ? Quelle professionnelle je veux être aujourd’hui ?” Connecte-toi à ton “pourquoi”. C’est ton meilleur garde fou.
  3. Accueille l’imperfection. Oui ça va probablement merder. Peut-être pas à cette séance, mais à une autre. Tu bafouilleras, tu poseras une question maladroite, tu auras des blancs, oui. Et alors ? Ce ne sont pas tes erreurs qui définissent ta compétence, mais ta capacité à rebondir avec humilité et humanité. Les plantades? C’est une mine d’or pour apprendre et ne plus le faire :)

Cette première séance, c’est le premier pas indispensable à faire. Et si tu ne sais vraiment pas quoi faire en séance, tu peux aller faire un tour par ici : je t’explique pourquoi ça n’a aucune importance ;)

Ce qu’il faut retenir? Quand tu accueilleras cette famille, oublie la thérapeute parfaite que tu crois devoir être. Sois juste là : présente, curieuse, humaine, accueillante.

Parce que rien que ça, c’est déjà énorme.

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