Se laisser embarquer dans le monde de l’enfant… mais garder en tête que c’est toi qui le guides

 

Lorsqu’on accompagne des enfants, il n’est pas rare de se retrouver embarqué soi-même dans l’imaginaire de l’enfant.

Au fur et à mesure que la petite main se lève, son voyage s’intensifie et le voilà dans un monde complètement magique rempli de couleurs, de licornes, de nuages arc-en-ciel et de chemins rebondissants…

Ce qui est génial, c’est de visualiser toi aussi ce que te décrit l’enfant afin de le guider, tout en le laissant explorer ce qu’il découvre au fil de son « voyage ».

Oui mais voilà. Si c’est souvent très chouette de voir que l’enfant part facilement en transe, arrive un moment où en tant que praticien, la réalité revient à grand pas avec des pensées qui coupent ce moment suspendu du style :

« bon ok mais là, comment je le ramène au problème pour lequel il vient ? »

 

C’est ce que nous partageait une collègue membres de Kiddy Mind il y a quelques semaines.

 

Prendre le risque de « couper » l’enfant lorsqu’il est en état hypnotique?

 

Comment savoir si on peut « couper » l’enfant dans ce qu’il est en train de vivre ?

Doit-on le ramener au problème, au risque que ça le sorte complètement de cet état de transe et que la séance… foire… ?

 

Alors souvent quand même, l’enfant laisse de l’espace dans ce qu’il décrit ce qui permet au praticien de rebondir sur ce qui est dit et le guider avec des questions.

 

Mais parfois, on se retrouve avec des enfants qui parlent, parlent, parlent… et qu’on ne sait plus comment interrompre !

C’est le cas de cette collègue qui ne savait plus comment intervenir auprès de cette petite fille, qui plus-est décrivait un monde qui était à mille lieux du problème pour lequel elle venait. Parfois même, l’enfant peut glisser vers des sujets qui peuvent nous interpeller et raconter qu’il se passe peut-être autre chose dans son quotidien que ce pour quoi il vient.

 

Dès lors, comment faire pour revenir dans la boucle, pour accompagner plutôt que de se laisser soi-même guider par ce que nous raconte l’enfant ?

 

Qui guide?

Déjà, et tu te l’es peut-être dit en lisant la phrase précédente, on peut s’interroger sur cette question du leading dans la séance.

Le lead, c’est cette manière qu’a le praticien de conduire la séance pour guider celui qu’il accompagne vers ce qui (lui) semble juste. Parfois, prendre le lead veut dire de le laisser stratégiquement à l’autre pour qu’il ait le sentiment que c’est lui/elle qui choisit ce qui se passe (mais c’est bien le praticien qui le garde puisque c’est lui qui a fait en sorte que la personne pense qu’elle l’a…) tu me suis ? 😉

Et quand on se retrouve avec un enfant qui parle, parle, parle sans laisser de place au praticien, on peut s’interroger sur ce que guide ou non le praticien pendant la séance.

Ce n’est vraiment pas évident parce que c’est très intuitif je trouve cette histoire de lead… et c’est malheureusement trop souvent associé quelque chose de l’ordre de « c’est moi le praticien, c’est moi qui décide ». Je caricature… à peine. Non le lead, c’est beaucoup plus fin que ça.

Mais ce n’est pas complètement l’objet de cet article.

 

L’idée ici, c’est plus que tu puisses sentir quand c’est toi qui guides l’enfant (ce qui suppose aussi qu’il ait des temps pour s’approprier ce qu’il est en train de vivre sans être interrompu toutes les 4 secondes) ou quand tu ne sais plus comment rentrer dans ce qu’il vit.

Attention aussi de ne pas vouloir imposer (ou proposer trop fort…) tes propres solutions parce qu’elles te semblent idéales. Et ne me dis pas que tu ne l’as jamais fait… ! ça démange quand on est en face de quelqu’un qui semble bloqué là où de l’extérieur, la solution semble évidente 😉

Bref. Une des clés est de poser des questions.

Si tu le guides au cours de son voyage et que tu ne le laisses pas s’enfermer dans ce qu’il vit, tu peux continuer à poser des questions, proposer, tester… sans pour autant que ça le sorte de ce qu’il vit.

Tu peux même t’en assurer en amont en lui expliquant comment ça va se passer.

Mais tu peux laisser partir cette crainte de risquer de le couper dans ce qu’il vit si tu restes vraiment avec lui, à ses côtés, comme un guide qui est le témoin de son aventure et qui le challenge lorsqu’il se trouve bloqué.

Quant à savoir si on doit forcément parler du problème en question, rappelle-toi qu’on est dans un monde métaphorique. Si l’hypnose devait évoquer le problème réel pour être efficace, ce ne serait probablement pas de l’hypnose 😉

Et toi, où en es-tu par rapport à ça ? est-ce qu’il t’est déjà arrivé de te demander comment raccrocher ce que l’enfant vit en séance avec ce pour quoi il vient ?

 

PS : si tu sens que tu as besoin d’être accompagné dans ta pratique avec les enfants et de parler de vive voix de ce que tu vis en séance avec eux, n’hésites pas à me contacter en mp.