L’utilité de la peur chez les enfants et les adolescents

Je ne sais pas chez vous mais de mon côté, mes filles et leurs amis sont à fond dans la préparation d’Halloween! La peur s’invite presque malgré nous dans le quotidien des enfants et des ados avec son lot de frayeurs et d’excitation…

On ne peut d’ailleurs pas faire un pas dans un magasin sans que la déco ne nous rappelle cette ambiance à la fois sombre et sympathique. Et peu importe ce qu’on pense de cette « fête », la réalité est que pendant cette période, tout le monde où presque est exposé à des créatures qui peuvent être terrifiantes pour les plus petits, ou excitantes pour les plus grands en quête de sensations fortes.

Bref, c’est une période idéale pour aborder la thématique de la peur, une émotion pas toujours appréciée mais pourtant essentielle au développement des enfants et des adolescents. Mais quelle est donc l’utilité de la peur et comment peut-on accompagner au mieux les jeunes à comprendre et accueillir cette émotion ?

La peur : une émotion nécessaire

La peur est une émotion fondamentale qui a une fonction clé dans le développement de l’enfant. Elle est avant tout un signal de survie. Face à un danger réel ou perçu, elle déclenche des réactions qui nous permettent de nous protéger. Par exemple, elle va apprendre à l’enfant à éviter une situation risquée, à demander de l’aide, ou encore à apprendre de nouvelles stratégies d’adaptation.

Chez les enfants, la peur peut se manifester sous différentes formes

Ces peurs évoluent souvent avec l’âge et sont des marqueurs importants du développement psycho affectif.

Chez les plus-petits, on va retrouver couramment la peur du noir, des monstres, des bruits forts mais aussi la peur de la séparation ou des inconnus selon l’âge de l’enfant.

Pour les adolescents, les peurs deviennent plus abstraites et complexes : peur de l’échec, du jugement social, de ne pas être à la hauteur.

Traverser ces peurs fera partie du chemin de chacun pour devenir des étapes clés du développement vers l’âge adulte.

Comment la peur aide-t-elle les enfants à grandir ?

On pourrait avoir tendance à éviter aux enfants de vivre cette émotion de peur. Pourtant, elle joue un rôle important dans la construction du modèle interne opérant de l’enfant, un concept central de la théorie de l’attachement​​. Ce modèle est le filtre par lequel l’enfant apprend à évaluer son environnement et à développer des mécanismes d’adaptation pour réguler ses émotions.

En tant que professionnels, il est essentiel de ne pas systématiquement tenter de supprimer la peur mais de permettre à l’enfant de la traverser grâce à un cadre sécurisant et à une posture solide qui permettront justement d’explorer cette émotion.

Peurs utiles vs peurs envahissantes

Toutes les peurs ne sont donc pas négatives, mais certaines peuvent devenir excessives et envahissantes, perturbant le bien-être quotidien de l’enfant ou de l’adolescent.

  1. Les peurs dites « utiles » : Elles permettent à l’enfant de développer ses capacités d’adaptation, d’apprentissage et de résilience. Par exemple, la peur de se perdre dans un lieu inconnu incite à développer une meilleure attention à son environnement.
  2. Les peurs envahissantes : Ces peurs, souvent irrationnelles, peuvent nuire au développement social et émotionnel. Si elles ne sont pas accompagnées correctement, elles peuvent se cristalliser en anxiété ou en phobies. Il est donc essentiel d’apprendre à les différencier car on ne va pas les accompagner de la même manière.

Comment accompagner les enfants dans leurs peurs ?

Voici quelques stratégies concrètes pour soutenir les parents qui vous font part des peurs de leur enfant et les aider à distinguer les peurs que j’appelle « utiles » de celles qui prennent trop de place, et à accompagner les jeunes au mieux :

  1. Accueillir la peur sans la minimiser : Valider l’émotion de l’enfant est une étape cruciale. Expliquez au parent que l’enfant a besoin qu’on reconnaisse sa peur, sans vouloir tout rationaliser ou minimiser : « Tu as peur du monstre sous le lit? Je comprends! Moi aussi j’aurais peur si je pensais qu’il y a un monstre sous le lit! Comment est-ce que tu veux que je t’aide? »
  2. Mettre en place des rituels rassurants : Pour les enfants qui ont des peurs liées à l’heure du coucher ou au noir, mettre en place des routines apaisantes (histoires, lumières douces) permet de réduire l’inquiétude. C’est aussi une belle occasion d’encourager les parents à prendre un vrai moment de qualité avec leur enfant.
  3. Encourager l’exploration de la peur : Utiliser la période d’Halloween peut être une opportunité pour les enfants de jouer avec leurs peurs dans un environnement contrôlé. Déguisements, histoires effrayantes, et jeux de rôle peuvent aider à démystifier cette émotion aux multiples facettes! Si vous proposez des ateliers de groupe, c’est un super thème à explorer en cette période!
  4. Proposer des outils thérapeutiques : Pour les peurs plus envahissantes, qui empêchent d’avoir un quotidien serein et deviennent un obstacle pour accomplir certains projets, l’hypnose bien sûr sera un outil de choix pour accompagner à traverser ces difficultés, tout comme la PNL mais aussi tant d’autres!
    Je ne saurais trop vous inviter à prendre toujours du recul et à vous défocaliser régulièrement de la peur en question. Elle peut en effet n’être que la face visible de l’iceberg. Souvent, un regard systémique et un accompagnement des parents pourra mettre en évidence d’autres problématiques dont la peur/phobie, n’est que le symptôme.

La métaphore de la sorcière

Je vous propose de conclure avec une métaphore inspirée de cette période d’Halloween, pour expliquer à l’enfant combien sa peur est d’abord un message qui a besoin d’être entendu :)

Imagine que ta peur est comme une petite sorcière à Halloween. Elle frappe à ta porte déguisée, avec une vilaine tête de sorcière. Elle fait vraiment peur, et bien sûr, tu n’as pas du tout envie de lui parler!

Ce que tu ne sais pas, c’est que cette sorcière est en fait là pour te donner un message important. Derrière son horrible costume, la sorcière ne veut pas te faire peur mais elle cherche à attirer ton attention sur quelque chose de très important.

Le problème, c’est que pour être sûre que tu la voies, elle a choisi ce déguisement menaçant parce qu’elle s’est dit qu’au moins, tu la remarquerais facilement. Alors ce n’est peut-être pas le meilleur moyen mais comme comme c’est une sorcière, elle était hyper contente d’elle et a joué le jeu à fond en se disant que c’était un super moyen pour te donner ce message.

Mais si tu sais que cette sorcière veut juste te faire passer un message, peut-être que tu prendras plus facilement un moment pour l’écouter, et tu verras qu’elle aura de moins en moins besoin de se déguiser comme ça pour attirer ton attention. 

Est-ce que tu veux bien qu’on aille voir ensemble ce qu’elle a à te dire?

À adapter bien sûr au contexte, à l’âge et à la maturité de l’enfant mais vous voyez l’idée :) Vous pouvez aussi utiliser la boussole magique pour apprendre l’enfant ou l’adolescent à écouter de plus en plus ses émotions.

Et alors si vous couplez ça avec un voyage hypnotique pour aller à la rencontre de cette sorcière, séance magique et transformatrice garantie!

Amusez-vous bien!

5 Comments

  1. La métaphore de la sorcière va encore enrichir mes ateliers sur les émotions pour les enfants !
    Merci Isabelle

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